erotique histoire

03 Apr 2009

Une enquête

Histoire

Il y eut d’abord ce rêve étrange, rémanant, d’une femme nue conduisant à vive allure sa voiture sur une route torturée qu’on eût dit de montagne, une femme dont le visage restait imperceptible au rêveur qui n’était autre que le célèbre inspecteur Milar de la criminelle.
Puis il y eut ce drôle de crime qui lui occulta jusqu’aux souvenir du rêve : le richissime Pierre Ambroso venait de se faire assassiner. On avait trouvé son corps sans vie dans la chambre d’un hôtel sordide à deux pas de la superbe villa qu’il venait d’acquérir dans les Alpes.
L’enquête resta des semaines sans développement. Les tergiversations succédèrent aux tergiversations, les égarements aux fausses pistes. Puis un témoin sortit de son mutisme et les soupçons purent de nouveau vagabonder pour finalement se fixer sur trois personnes : deux étaient des femmes connues par Ambroso à un moments ou l’autre de son existence et avec lesquelles il avait conçu des liens que l’on pouvait difficilement qualifier de ténus ; l’autre, sa fille adoptive au sujet de laquelle circulaient des bruits comme quoi l’entente entre elle et son père s’était dernièrement ternie.
Leur déposition ne permit toutefois pas d’asseoir la culpabilité de l’une ou de l’autre.
A la fameuse question « Ou étiez-vous entre… » fusait une réponse qui donnait à chacune un alibi moyennement convaincant. Et puis il y avait le mobile ! Quel pouvait-il être?
Pour sortir de la panade l’inspecteur Milar eut une idée. Il convoqua les suspectes à la villa Ambroso, les fit mettre nues et leur demanda d’attendre dans une pièce attenante à la sienne.
Une seule avait pu commettre ce meurtre innommable et il était persuadé d’en connaître l’identité. Une simple intuition qui ne reposait sur rien de concret car, tant les indices découverts sur le lieu du crime que les dires du témoin qui affirmait avoir vu une femme fort dévêtue sortir précipitamment de la chambre de la victime à une heure avoisinant celle estimée du crime, accusaient indifféremment l’une ou l’autre.

Tout dans ce crime désignait des gestes de femme. L’inspecteur avait ingénieusement décidé de mettre son intuition à l’épreuve dans une sorte de quitte ou double.
Pour ce faire, il avait laissé le bruit se propager que le témoin en savait plus qu’on ne l’avait laissé dire par la presse. Le piège ainsi tendu, il pouvait tenter une confrontation de visu qui pousserait peut-être la meurtrière à se découvrir.

A son ordre, les trois femmes entrèrent complètement nue dans la pièce. La première, qui répondait au prénom de Marie-Claude et dont la beauté du corps trahissait à peine qu’elle pût avoir un âge, n’avait plus rien de la jeune fille mais tout de la femme.
Sa carte d’identité disait : …… Marie-Claude, née à X… ; elle avait 31 ans. C’était la dernière conquête d’Ambroso. Elle affichait l’air hautain des gens qui ne se sentent pas concernés.

L’inspecteur lui porta une vive attention, il lui semblait la connaître. Elle avait comme on dit un beau cul, quoique certains l’eussent préféré moins imposant. Ses cheveux mi-longs, rejetés sur l’arrière, étaient noirs. Pas tant que l’ébène, mais noirs quand même. Son corps, d’une générosité contenue bien que très présente, était pulpeux à souhait et le décor sombre de la villa le rendait plus rose encore que nature. Elle avait lui pendant au cou une chaîne en or fin au bout de laquelle balançait une médaille qui lui courait entre les seins.
Enfin, pour ne pas venir pieds nus, elle avait mis des sandales noires pourvues de fines lanières synthétiques, ce qui donnait à ses pieds une allure lascive que l’on ne pouvait ignorer à moins d’être aveugle.

Milar se souvint alors où il l’avait vue : dans un film porno où elle se faisait allègrement enculer et où, s’il avait bonne mémoire, elle tenait le rôle d’une mauvaise qui finissait par tomber nue dans un ravin en criant de toute sa voix. Une fin de film qui l’avait fait longtemps bander.
Il revint à sa mémoire qu’un second film avait été également tourné où elle tenait le rôle d’une pharmacienne machiavélique et perverse qui se transformait en prêtresse le week-end venu et organisait des orgies qui parfois tournaient au meurtre. La plupart du temps elle se baladait à poil avec un masque de tête de mort sur le visage et jouait du fouet.
A la fin un inspecteur réussissait à la démasquer, au propre comme au figuré, l’obligeant à s’enfuir nue en voiture pour lui échapper. Comme toute fin morale qui se respecte, elle finissait par rater un virage et disparaissait en hurlant dans un précipice où elle s’explosait avec sa voiture ; le mot fin s’inscrivait alors sur la largeur de l’écran.
Ce second film n’avait pas eu le succès du premier et pourtant Milar l’estimait bien meilleur.

La seconde, plus timide mais tout aussi nue, se nommait Sandrine et bien que plus menue, moins raffinée et plus jeune que Marie-Claude, il n’empêchait que son charme avait quelque chose du printemps et que ça lui allait bien.
Sa pudeur lui avait fait mettre son masque des mauvais jours ; un masque que devait à coup sûr méconnaître son amant. Elle avait travaillé comme femme de ménage dans l’ancienne villa d’Ambroso. Une relation qui, à ce qu’on disait, avait très vite dépassé le cadre purement professionnel et s’était terminée il y a trois mois d’un commun accord.

Quant à la troisième, Sonia, la fille adoptive d’Ambroso, qui avait d’abord refusé de se mettre à poil prétextant d’un rhume, elle avait finalement accepté de se dévêtir apparemment excitée à l’idée de tous ces hommes lui reluquant le derrière.
Milar ne pouvait s’empêcher de la regarder et de penser que deux ans plus tôt il avait été l’amant de cette beauté. Car elle était belle Sonia Ambroso. Elle ressemblait à s’y méprendre, bien qu’un rien plus cossue, à cette femme, Victoria quelque chose, qui avait été Miss Suède et dont le corps dépouillé d’artifices s’était affiché il y a peu à la une d’un magazine érotique bien connu : la même presque blondeur des cheveux, la même longueur des jambes, peut-être le même âge : 23 ans.
Leur liaison avait été courte, le temps d’une cigarette pourrait-on dire, mais elle lui avait laissé de tels souvenirs qu’il lui avait été impossible de l’oublier… Et aujourd’hui, les voici de nouveau face à face.

A la demande de l’inspecteur, les trois jeunes femmes se mirent en ligne quand le témoin entra. Celui-ci après un peu de tergiversation de cinéma fit mine de reconnaître une des femmes, celle vers laquelle tendait l’intuition de Milar, et désigna du doigt Marie-Claude qui d’un coup se départit de son air distant. Un tressaillement important fut signe de sa culpabilité.
Oui elle avait commis ce meurtre, non elle n’était pas la seule coupable de cette histoire, c’était Sonia qui l’avait engagée pour qu’elle tue son père, elle avait toutes les preuves contenues dans son sac.

Profitant alors du geste indécis de l’inspecteur Milar encore sous le coup de ce qu’il venait d’entendre et qui voulait lui passer les menottes, Marie-Claude s’empara de l’arme de ce dernier et courut au-dehors, l’arme pointée en direction des policiers qui n’osaient faire un geste.
Nue comme un vers, les fesses à l’air, elle monta dans sa voiture et démarra rageusement, bien décidée à ne pas se faire arrêter.

A la liste de ses forfaits s’ajoutait maintenant celui d’attentat à la pudeur. Tandis qu’elle roulait rapidement sur les chemins escarpés, à poil au volant de sa BMW, frôlant à chaque virage le bord du gouffre, son regard se perdait dans le rétroviseur où commençait à apparaître une voiture de police. Elle enfonça alors lourdement son pied sur l’accélérateur en s’écriant :

« Vous ne m’aurez pas sales flics ! Vous n’aurez pas Marie-Claude toute nue »

Cette accélération lui fut fatale. Le virage qui arrivait sur elle était plus serré qu’elle ne l’avait d’abord imaginé et c’est en vain qu’elle tenta d’échapper au gouffre qui lui tendait désormais les bras.
Elle hurla:

« NON ! PAS CA ! ».

Puis barrant son visage de ses mains elle ne put réprimer un « AAAAAAAAAAH ! » de circonstance, avant de disparaître avec sa voiture dans le précipice où cette dernière après s’être disloquée sur les parois rocheuses explosa, l’emportant nue dans la mort.

Au sommet, les policiers regardèrent, impuissants, la voiture de Marie-Claude continuer lentement de se consumer.
Pendant ce temps, loin du tumulte de la poursuite et de son épilogue malheureux, Milar était demeuré à la villa Ambroso, seul avec Sonia, qui avait protégé sa nudité d’un peignoir de bain trouvé au hasard d’une pièce dont elle connaissait chacun des recoins.
Vrai, n’était-elle pas chez elle! Le sac avait fourni les preuves promises par Marie-Claude dont ils venaient d’apprendre la terrible fin.
L’inspecteur ne put s’empêcher de penser que parfois la réalité est si proche de la fiction qu’il lui arrive de la rejoindre et que Marie-Claude venait d’en faire la triste expérience.

Milar se tourna alors vers Sonia et lui jeta:

« Pourquoi Sonia, pourquoi ? »

Elle rejeta d’une main franche ses longs cheveux blonds dans son dos et dit :

« J’avais besoin de fric. Je joue, trop et mal. J’avais des dettes que refusait de payer mon père. »

« Et Marie-Claude? »

« On jouait dans le même casino. Sa situation était aussi peu brillante que la mienne. Je lui ai dit que si elle tuait mon père elle aurait sa part de l’héritage ; elle a de suite accepté.
Elle avait ce rien de vulgaire et ce coté à la fois mondain qui lui plaisaient, elle n’a donc eu aucun mal à se glisser dans son lit. Je ne pouvais pas prévoir qu’elle allait être aussi mauvaise tueuse qu’elle était mauvaise joueuse… »

Sonia ne semblait nourrir à rebours aucun regret. Milar lui chercha en vain des circonstances atténuantes. Sonia s’était détournée un court temps du regard accusateur de Milar, non que celui-ci la gênât mais plutôt qu’elle pensait à autre chose.
Finalement elle laissa glisser son peignoir qui tomba mollement à ses pieds. Ce fut donc une femme dans le plus simple appareil et de dos qui reprit la conversation :

« Tu te rappelles comme on s’est aimé cette nuit là. Tu n’aimerais pas que ça recommence ainsi toutes les nuits de toute ta vie. »

« Avec toi elle risquerait d’être courte. » Tança milar, visiblement exaspéré.

Sonia, plus nue que jamais, s’était maintenant retournée et se chaussait les pieds d’une paires de chaussettes magnifiques qui bien loin de la rhabiller ne fussent qu’un peu lui donnait l’air d’être plus nue encore.
Milar ne résista pas longtemps à l’appel des fesses nues de Sonia, ce beau cul qu’elle avait et qu’il embrassa d’abord de la bouche avant de le pénétrer de son sexe devenu énorme.
Ensemble ils jouirent très vite et très fort. Le corps de Sonia était traversé de spasme de plaisirs et dégoulinait de cette mauvaise sueur qu’on nomme la luxure.
Elle cria :”AA AA OU…OUUU… OUUUIII AA JE JOUUUIIIII…” avant de se tourner vers Milar et de dire d’une voix encore haletante :

« Tu ne veux donc pas oublier ce sac, cela te serait facile, si facile. Fais le pour nous. »

Milar paru ennuyé. :

« Désolé ! NOUS, c’est du passé. C’est la prison désormais qui t’attend.»

Furieuse et peu encline à se laisser emprisonner, Sonia balança un coup de pied sec dans un endroit fragile et qu’elle connaissait bien de l’inspecteur Milar et courut au-dehors quasi aussi nue qu’à sa naissance, pendant que celui-ci tentait de reprendre ses esprits et recommençait déjà à bander rien qu’à la vue de ce beau gros cul rose qui tendait de s’extraire de sa vue par la fuite.
Jouxtant la villa il y avait un carré d’herbe où le père de Sonia mettait depuis peu son hélicoptère. L’hélicoptère était évidemment là et Sonia qui savait le piloter s’y installa.
Elle mit les rotors en route et s’éleva lentement avec l’hélico dans les airs.
L’inspecteur Milar, qui tant bien que mal l’avait suivie, eut juste le temps de s’agripper à l’un des patins. La jeune femme le vit et commença à faire toutes sortes de grimaces aériennes dont le but évident était de le faire chuter.

« Tu vas aller t’écraser sur le sol comme une merde » dit-elle, du sarcasme plein la voix, à Milar qui commençait à se dire que cette fille n’avait décidément pour elle que sa plastique.

Tout ce cinéma finit par effrayer une colonie d’oiseaux qui dans la panique se ruèrent comme des égarés sur les pales du rotor.

« MON DIEU ! », s’écria Sonia qui dès ce moment ne se soucia plus de Milar, trop occupée qu’elle était à récupérer les fantaisies de son appareil qui perdait de plus en plus d’altitude.

Les aah répétés de la jeune femme signalèrent à Milar l’approche d’un danger. En effet une falaise tel un rempart infranchissable commençait à se dresser face à l’hélico.
Milar estima que l’instant était - le dernier qu’il lui restait s’il voulait encore avoir la vie sauve - de faire ses adieux à Sonia : il profita d’une branche qui arrivait sur lui comme une main secourable, et laissa la jeune femme affronter seule un destin qui ressemblait fort à un châtiment.

La suite se passa du moindre commentaire. Milar put tout voir de son arbre. Jusqu’au bout Sonia tenta d’influer sur le cour de son destin ; mais sa mort avait décidément pris les traits de pierre d’une falaise. Au plus elle se rapprochait de l’instant fatidique, au plus l’exergue semblait se poser sur la nudité de son corps, un corps taillé dans le rose du désir, un corps aux seins fermes et aux fesses généreusement rebondies, un corps que Milar du haut de son arbre ne pensait pas encore à regretter.
Finalement le moment vint de l’impact et Sonia, dont le visage se marqua soudainement d’un spasme de terreur, ne put contenir un :

« NON N… AAAAAH ! », tandis qu’elle lançait ses mains face à elle comme si elle eût voulu se protéger de la violence du choc.

S’en suivit alors une explosion importante qui déchira l’appareil dans mille gerbes de flammes ; une explosion qui ressemblait à un énorme orgasme de Dame justice.
Milar regardait, un rien excité et concupiscent, le peu qu’il restait d’une histoire qui avait choisi de s’éteindre dans la rage des flammes et Sonia fesses à l’air au milieu. Tout s’était déroulé très vite.

Quand Milar rentra chez lui, ce fut d’abord pour se reposer. Il avait eu de la chance cette fois, aussi bien pour son enquête que pour sa vie. Etrangement il ne regrettait pas Sonia. N’avait-elle pas essayé de le tuer !
Il pensa au mobile qui avait conduit cette dernière et Marie-claude à leur fin : l’argent ! L’argent est toujours le mobile se dit-il en buvant un verre de cognac.

Puis il se rappela ce rêve qu’il avait fait maintes fois et qui lui revenait à la mémoire seulement aujourd’hui ; ce rêve d’une femme nue dans sa voiture. Et enfin il comprit d’où il tenait l’intuition qui lui avait permis de résoudre l’enquête.
A quoi ça tient parfois, pensa-t-il au demeurant peu perturbé, sur quoi il se servit un autre verre de cognac…

This entry was posted on Friday, April 3rd, 2009 at 9:00 am and is filed under Histoire. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can skip to the end and leave a response. Pinging is currently not allowed.

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