Tonight I can write
the saddest lines.
To think that I do not have her.
To feel that I have lost her.

- Pablo Neruda (excerpt)

30 Dec 2007

Dominique, l’androgyne

Histoire

Lorsque j’étais petite fille, j’avais droit à tous les compliments de mes proches. J’étais toujours la plus belle, la plus adorable et les gens me trouvaient mignonne. Les choses se sont gâtées à l’adolescence et c’est encore pire maintenant que je suis censée être une vraie femme. Cela n’a rien à voir avec mon visage, dont je suis fière et qui fait toujours craquer les gens. Non, le problème viendrait plutôt de mon corps. J’ai vingt-deux ans et j’ai toujours les formes d’une gamine. Je n’ai pas pris garde à cet aspect des choses alors que, vers treize ans, mes copines du collège comparaient leurs poitrines naissantes. Je me pensais tout simplement un peu en retard sur elles et je ne prêtais pas vraiment attention à leurs sourires moqueurs et aux remarques perfides des plus méchantes d’entre elles. Plus tard, au lycée, j’avais bien d’autres choses à penser, tout comme les autres filles qui partageaient avec moi la classe de très bon niveau que je fréquentais. Pourtant, il m’arrivait parfois d’envier leurs belles paires de seins quand je pouvais les entrevoir, après une séance de sport au gymnase ou à la piscine. Pour ma part, je devais me contenter de deux petits monticules à peine visibles et qui disparaissaient presque entièrement lorsque je portais un sweat-shirt ou un pull-over un peu ample…

Aujourd’hui on ne m’appelle plus Dodo comme quand j’avais dix ans, mais Dominique. Je n’ai jamais aimé ce prénom que mes parents m’ont donné. Je trouvais que ça ne convenait pas pour une fille, d’autant plus que l’un de mes premiers instituteurs portait le même. En fait, je n’ai pas de chance : j’ai un prénom qui colle avec mon physique androgyne. Je n’ai toujours pas plus de poitrine maintenant et mes hanches sont étroites comme celles d’un tout jeune homme. J’ai quand même une taille mais on ne peut pas dire qu’elle soit mise en valeur par des rondeurs comme elles devraient l’être normalement. Je n’ai pas les fesses très rebondies et, de dos, on peut me prendre pour un mâle sans la moindre difficulté. C’est encore plus vrai quand je porte un pantalon ou un survêtement. Lorsque, pour sortir, j’enfile une robe ou une jupe et que je me regarde dans le miroir, j’ai bien du mal à me trouver féminine. J’essaye de rattraper le coup en laissant pousser mes cheveux, mais cela ne m’a pas empêcher de vivre des expérience bizarres, y compris avec des hommes qui préfèrent les hommes. Ce sont ces aventures que je veux vous raconter aujourd’hui…

Ma particularité physique n’a pas été vraiment un avantage pour mon épanouissement sentimental ou sexuel durant mon adolescence. Les garçons du collège puis du lycée ne me regardaient pas, du moins pas avec les yeux du désir, ceux qu’ils avaient pour d’autres camarades plus féminines. Pourtant, j’avais des besoins à combler, comme toutes les filles de mon âge. Durant ces années-là, je me suis beaucoup masturbée. Je me demande si l’intensité de mes envies n’était pas en partie une conséquence de mon anatomie un peu hors norme. En fait, j’en suis venu peu à peu à m’interroger sur la composante physiologique de ma personnalité. J’ai posé la question à mon gynécologue et il m’a expliqué que, oui, sans doute, il était fort probable que mon corps sécrète en trop grande quantité des hormones mâles. Il m’a proposé un dosage hormonal pour en avoir le cœur net. J’ai accepté et les résultats ont confirmé ses soupçons. Il m’a cependant assuré que cela ne m’empêcherait pas de devenir mère et que je pourrais enfanter tout à fait normalement. J’ai été convaincue de ne pas entreprendre de traitement pour modifier la donne quand il m’a expliqué les avantages que comportait ma situation pour ma santé, en particulier le fait de ne pas craindre l’apparition des vergetures et autres culottes de cheval qui risquaient d’affecter tôt ou tard mes camarades. Toutes ces explications m’ont permis de me sentir beaucoup mieux psychologiquement et d’accepter ma relative différence malgré les inconvénients qui en découlaient…

Il faut dire aussi que, peu après cette visite chez le médecin, certains évènements se sont produits qui m’ont amenée à relativiser mes soucis et, même, à en accepter l’augure. L’idée faisait peu à peu son chemin dans mon esprit que j’allais pouvoir tirer avantage de mon physique inhabituel malgré tout. Ce fut notamment le cas de ma rencontre avec Marielle, la nouvelle prof particulière de ma jeune sœur…

A cette époque, donc, je venais d’avoir dix-huit ans. Je me sentais moins mal à l’aise depuis que j’avais accepté ma différence. Ma vie amoureuse n’avait pas pour autant pris un nouveau tour. J’étais toujours seule et c’est vrai que je ne me pensais pas très attirante. Parallèlement, je sentais grandir en moi des besoins sexuels de plus en plus intenses. Je me branlais beaucoup, tous les jours voir plusieurs fois dans la même journée. J’aimais bien me tripoter le sexe, parfois même alors que le moment semblait mal choisi. C’est comme cela que ma relation avec Marielle a démarrée…

Je me trouvais dans les toilettes de la maison et, comme souvent, j’ai été prise d’une envie terrible de me caresser. Ca m’arrive assez fréquemment quand j’ai fini de pisser et que je vois mon petit chat si disponible. Je m’enfile alors la main entre les cuisses, tout en restant assise sur la cuvette. Cette position me permet de bien ouvrir les jambes et j’accède facilement à ma fente. Parfois cela me prend au moment où je m’essuie le minou avec une feuille de papier. Ce jour-là, donc, j’étais occupée à me doigter vaginalement quand la porte s’est ouverte assez brusquement. J’avais oublié de tirer le loquet qui permettait de la verrouiller. Marielle s’apprêtait à entrer dans les toilettes quand elle s’est aperçue que j’étais là, la main coincée entre les cuisses. Je n’avais pas eu le temps de retirer mes doigts de mon trou et elle s’est rendue compte immédiatement de ce que je faisais. Je suis devenue rouge comme une pivoine et je me suis soudain sentie très mal…

Marielle a mis son doigt sur sa bouche pour me faire signe de ne rien dire. Elle a jeté un coup d’œil en arrière afin de s’assurer de ne pas être vue entrant dans les cabinets puis elle a refermé la porte sur nous comme si de rien n’était. J’étais sidérée mais incapable de la moindre réaction. Je ne songeai même pas à retirer ma main de l’intérieur de la cuvette. Marielle s ‘est agenouillée à côte de moi et elle s’est saisie de mon bras juste au-dessus du poignet. Elle m’a regardée et s’est penchée vers ma bouche en tendant ses lèvres. J’ai eu droit alors au tout premier baiser profond de ma vie. La langue de la prof s’est insinuée entre mes lèvres, en forçant délicatement mais fermement le passage. Je me suis laissée faire et je l’ai accueillie en moi. Quand elle est entrée en contact avec la mienne, j’ai senti un frisson passé dans mon bas-ventre, juste avant qu’une nouvelle giclée de cyprine ne se dépose sur mes doigts…

Marielle, non contente de fouiller ma bouche, entreprit de faire bouger mon bras. Elle tirait sur mon poignet pour agiter ma main. Je ne pouvais pas lui résister, j’étais bien trop excitée pour ça. Elle s’était jointe à moins alors que j’étais déjà très près de l’orgasme. Son irruption imprévue dans les WC avait eu pour conséquence de faire baisser temporairement la tension accumulée par mon corps, mais depuis qu’elle me faisait la bouche avec sa langue, celle-ci était remontée en flèche. A travers ma main, c’était bien Marielle qui me branlait…

Après deux minutes environ de ce traitement, elle n’a pas résisté plus longtemps à l’envie de sentir elle-même la moiteur de mon calice. Elle a lâché mon bras et ses doigts sont partis entre mes jambes pour aller se joindre aux miens. Son index s’est introduit dans mon petit abricot et elle a effleuré mon clitoris avec son pouce. Elle me masturbait bien et, sans m’en rendre compte, je l’ai laissée peu à peu s’occuper entièrement de mon plaisir. Ma main est remontée et je l’ai posée sur le haut de ses cuisses. Je soufflais fort, mon cœur palpitait à vive allure. J’ai remonté mes doigts sur sa jambe, les passant sous sa jupe. Je sentais le bord de sa culotte. J’avais envie de la toucher comme elle me le faisait mais je n’en ai pas eu le temps. Au moment où je commençais à soulever l’élastique de son slip pour tenter d’atteindre son fruit défendu, une violente jouissance prit naissance dans mon bas-ventre et me força à renoncer. Je serrai convulsivement les cuisses sur le poignet de Marielle qui continua à me doigter pendant tout le temps que dura mon plaisir, jusqu’à ce que j’aie poussé le dernier petit gémissement. Elle se releva ensuite et se rajusta en me disant qu’elle devait aller retrouver ma frangine mais qu’elle serait heureuse de pouvoir me revoir bientôt dans d’autres circonstances, plus favorables.

This entry was posted on Sunday, December 30th, 2007 at 9:00 am and is filed under Histoire. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can skip to the end and leave a response. Pinging is currently not allowed.

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