22 Feb 2009
Danger de plage
Il faut toujours se méfier de sa secrètaire, surtout si elle est sexy.
Cinq heures trente, la rue s’animait de la pesanteur des réveils. Gérard Daumier comptait parmi les lève-tôt à qui l’on savait grès de faire peu de bruit. Juste le temps de déposer un baiser sur le front de Carole, son épouse, en guise d’à plus tard et il s’éloignait à pas feutré cueilli par la fraîcheur du matin. Une nouvelle journée de boulot commençait qui se clôturait quand arrivait la nuit, à la première étoile. Lorsque l’on dévisageait ce petit chauve de près de cinquante ans, à l’allure altière et au regard souvent distrait, il était difficile d’imaginer qu’il fut à la tête d’une des plus grandes manufactures d’armement du pays. A.C.C.R.O, tel était son nom, devait le choix de son acronyme à ce qu’elle se faisait l’écho d’un monde en guerre permanente, un monde accro à la démence comme on l’est à une drogue pernicieuse. Son métier bien qu’il le dégoûtât, lui permettait essentiellement d’offrir à son épouse ce luxe qui faisait défaut à tant de couples et lui paraissait le juste miroir de sa réussite. Néanmoins avait-il rêvé d’autre chose que de disputer des contrats à longueur de journée et de gagner de l’argent à pronostiquer des conflits comme s’il s’agissait banalement de jouer au tiercé. Or, si le monde était mal fait, il n’y voyait pas sa faute. Quiconque à sa place aurait agît et pensé de même. Toutefois il aurait préféré être boulanger et vendre du pain : (more…)